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samedi 27/04

Les Délices des Férices

Céréaliculteur BIO, Arvillard
Les Délices des Férices - Céréaliculteur BIO - La Ruche qui dit Oui ! à la maison

L'exploitation

Dans la famille Turchet, on est à la fois apiculteurs, producteurs de céréales et fabricants de pâtes et gâteaux artisanaux... le tout en agriculture biologique, perchés en Savoie, à Arvillard ! C'est Philippe, le père, qui s'est lancé en apiculture en 1982, avant d'être rejoint par sa femme Sylvie qui a lancé l'atelier de fabrication en 2007, en même temps que la culture de céréales. Aujourd'hui, avec leur fille, ils gèrent 280 ruches (des vraies, cette fois, pas des Ruches Qui Disent Oui) et une dizaine d'hectares de cultures.

Le savoir-faire

Pour la production de céréales, les associations de culture priment : par exemple, le semis de blé est associé à du trèfle, qui va permettre la fixation de l'azote atmosphérique. Une fois moissonné, le blé est moulu dans un moulin coopératif agréé en Agriculture Biologique. Et les pâtes sont fabriquées dans l'atelier familial à partir de ces farines 100% issues de l'exploitation, la boucle est bouclée.

Bonjour Philippe ! Si j'ai bien compris, vous êtes avec votre femme et votre fille à la fois apiculteurs, céréaliers, et transformateurs : comment êtes vous arrivés à une telle diversité d’activités ?

L’apiculture a été mon premier métier, j’ai commencé en 1982. Ma femme Sylvie a commencé à fabriquer des pains d’épices et des biscuits à partir du miel… avant de s’installer définitivement en 2007 avec l’atelier de transformation. C’est à ce moment que nous sommes lancés dans la production de céréales. Depuis le mois d’août 2018, notre fille nous a rejoint officiellement : cela faisait un petit moment qu’elle travaillait à nos côtés, mais nous voulions être sûrs que ce métier lui plaise, et qu’elle le fasse par envie. Nous avons même pensé à nous diversifier encore, avec un projet de moulin, mais nous y avons renoncé : nous voulons que le travail soit bien fait, et cela nécessite beaucoup de machines ; entre le pesage, le tri, le brossage et la mouture, les investissements requis étaient trop importants. Aujourd’hui, à trois, entre l’apiculture, la céréaliculture et la transformation, nous avons trouvé un bon équilibre.
 

Toutes vos productions sont certifiées Agricultures Biologique, c’était quelque chose qui vous tenait à coeur ?

Absolument, oui ! Je ne peux pas concevoir notre métier autrement. Je fais partie des pionniers de l’apiculture bio : nous avons commencé en 1995, avant-même que le logo “AB” n’existe pour le miel. A l’époque, nous avons travaillé avec des labels comme Nature et Progrès, et créé une association d’apiculteurs bio de Rhône-Alpes afin établir un cahier des charges, et nous avons réussi ! Il était donc évident pour nous de choisir l’agriculture biologique pour les céréales par la suite. Cela nécessite des techniques particulières : le sarrasin nous sert d’engrais vert en apportant notamment du phosphore dans les sols, nous utilisons le trèfle en association de culture pour la fixation de l’azote. Après la récolte, nous broyons les pailles et les laissons sur place, pour augmenter encore la biomasse des sols. Et nous ne labourons pas : les vers de terres sont ainsi nombreux dans nos sols, ils attirent leur ennemi naturel, la taupe… qui est elle aussi notre alliée ! Elle remue la terre, lui permet de respirer, et crée des ouvertures dans le champ, ce qui permet une meilleure circulation de l’air entre les céréales et évite les maladies cryptogamiques (causées par des champignons)... ça crée quelques bosses sur le terrain, c’est vrai, mais les bénéfices compensent ce désagrément !

 

Vous nous confiez vos secrets pour des pâtes artisanales inimitables ?

Tout commence par le choix des blés : je sélectionne des blés anciens, plus foncés et moins jaunes que ceux utilisés par les industriels (ce sont les oeufs que l’on va ajouter à la recette qui coloreront les pâtes). Je fais des essais depuis des années pour trouver la perle rare, car la confection des pâtes est très technique, selon moi encore plus que celle du pain, et on ne peut pas utiliser n’importe quelle farine. Côté recette et savoir-faire, c’est une histoire de famille, et ma femme Sylvie est l’experte ! Elle est originaire de Sicile, sa grand-mère et sa tante confectionnaient des pâtes, et elle a souhaité perpétuer cette tradition familiale. Notre fille adore aussi les réaliser, la relève est assurée !